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La « malédiction de Léonard de Vinci » : beaucoup d’idées, trop peu de projets terminés ?

Léonard de Vinci fascine par l’étendue de ses intérêts. Mais son nom sert aussi aujourd’hui de métaphore à une difficulté très actuelle : commencer beaucoup et terminer trop peu.

Olga Tsoukoula 3 min de lecture Multipotentialité

Léonard de Vinci reste l’une des grandes figures de la curiosité intellectuelle : peinture, anatomie, mécanique, ingénierie, observation de la nature et carnets remplis d’idées.

Il serait toutefois anachronique de lui attribuer aujourd’hui un profil psychologique moderne. L’expression « malédiction de Léonard de Vinci » est utilisée ici comme une métaphore : celle d’une personne dont la curiosité ouvre constamment de nouveaux chantiers.

Quand commencer devient plus facile que terminer

Le démarrage d’un projet offre souvent nouveauté, découverte et possibilités. L’exécution longue demande autre chose : répétition, arbitrage, renoncement temporaire à d’autres idées et capacité à traverser les phases moins stimulantes.

Lorsque plusieurs intérêts coexistent, ce contraste peut devenir particulièrement visible : de nombreuses pistes sont ouvertes alors que peu disposent réellement du temps nécessaire pour arriver à maturité.

Le problème n’est pas la curiosité

Avoir beaucoup d’idées n’est pas en soi un problème. La difficulté apparaît lorsque chaque nouvelle idée devient immédiatement un nouvel engagement.

Une idée peut être intéressante sans être prioritaire. Cette distinction est essentielle.

Pourquoi l’inachèvement devient frustrant

Les projets non terminés s’accumulent mentalement. Ils peuvent produire une impression de retard permanent et faire oublier tout ce qui a déjà été appris ou construit.

La comparaison avec des profils très spécialisés peut alors renforcer une impression de manque de légitimité : beaucoup de choses commencées, mais aucune identité professionnelle perçue comme suffisamment claire.

Transformer la profusion en portefeuille

1. Limiter les projets réellement actifs

Conservez toutes vos idées, mais ne confondez pas portefeuille d’idées et portefeuille d’exécution. Un à trois projets majeurs actifs peuvent suffire.

2. Définir ce que signifie « terminé »

Un projet n’a pas toujours besoin d’atteindre sa version maximale. Un prototype, une première publication, une présentation ou une version test peuvent constituer une vraie fin d’étape.

3. Fractionner l’exécution

Une intention vague comme « lancer mon activité » est difficile à terminer. Une séquence de petites livraisons concrètes permet de rendre l’avancement visible.

4. Mettre les autres idées en veille consciente

Reporter une idée n’est pas l’abandonner. C’est décider qu’elle ne recevra pas de ressources maintenant.

5. S’appuyer sur des compétences complémentaires

Certaines personnes excellent dans l’exploration et la conception, d’autres dans le suivi, la finition ou l’industrialisation. Collaborer permet parfois de transformer une intuition en résultat tangible.

La curiosité devient une force lorsqu’elle rencontre une structure

Le but n’est pas de devenir moins curieuse, moins créative ou moins multiple.

Il est de construire suffisamment de structure pour que certaines de vos idées puissent quitter le carnet, devenir des projets, puis devenir des réalisations.

Et maintenant, où en êtes-vous ?

Le test peut vous aider à identifier certains marqueurs de multipotentialité. Si vous souhaitez ensuite aller plus loin, vous pouvez également ouvrir un échange avec Olga.