Passer à l’action · Procrastination

Procrastination et multipotentialité : retrouver le mouvement

Vous avez plusieurs idées et l’envie d’avancer. Pourtant certaines actions restent bloquées. Comprendre ce qui se joue permet de passer du jugement à une stratégie.

Olga Tsoukoula 10 min de lecture Passage à l’action

Vous avez plusieurs idées. Plusieurs projets vous intéressent réellement. Vous savez souvent ce qu’il faudrait faire.

Et pourtant, certaines tâches restent ouvertes beaucoup plus longtemps que prévu.

On appelle cela procrastiner. Mais remettre une action à plus tard ne dit pas automatiquement que vous manquez de motivation ou de discipline.

La question la plus utile n’est pas toujours : « Pourquoi est-ce que je ne fais rien ? » Mais : « Qu’est-ce qui rend cette action difficile à commencer maintenant ? »

La procrastination n’a pas une seule cause

Une action peut être reportée parce qu’elle est floue, trop grande, peu prioritaire, inconfortable, fatigante ou chargée d’un enjeu émotionnel.

Elle peut également entrer en concurrence avec plusieurs autres projets sincèrement importants.

Chez une femme multipotentielle, cette pluralité de possibilités peut parfois rendre la hiérarchisation plus difficile. Mais elle n’explique pas tout.

L’objectif n’est donc pas d’étiqueter votre fonctionnement. Il est de comprendre ce qui se passe dans la situation précise que vous reportez.

Quand trop de possibilités empêchent de choisir

Avoir plusieurs idées n’est pas le problème.

La difficulté apparaît lorsque chaque possibilité semble mériter d’être poursuivie immédiatement.

Vous ouvrez plusieurs chantiers. Chaque projet reçoit un peu d’attention. Mais aucun ne bénéficie suffisamment longtemps de votre concentration pour atteindre une étape décisive.

La journée peut alors être très remplie sans donner le sentiment d’avoir réellement avancé.

La procrastination peut être très productive en apparence

Vous répondez aux messages. Vous améliorez un document secondaire. Vous recherchez de nouvelles informations. Vous rangez vos outils. Vous préparez.

Vous êtes active. Mais l’action réellement importante reste intacte.

C’est une forme particulièrement discrète de report : faire beaucoup pour éviter ce qui compte le plus.

Le perfectionnisme peut repousser le premier pas

Certaines tâches deviennent difficiles parce que leur première version semble déjà devoir être excellente.

Vous imaginez le résultat final, puis vous comparez cette image aboutie au premier geste encore imparfait qu’il faudrait poser.

L’écart paraît immense. Alors vous attendez de disposer de plus de temps, de davantage d’informations ou d’une meilleure énergie.

Fractionner le projet permet de réduire cet écart.

La peur de la visibilité peut aussi retarder l’action

Certaines tâches sont faciles tant qu’elles restent privées.

Écrire peut être agréable. Publier est différent. Préparer une offre peut stimuler. La proposer à une vraie personne change l’enjeu. Imaginer une reconversion peut enthousiasmer. Envoyer une candidature la rend concrète.

Le blocage apparaît parfois exactement au moment où votre travail va rencontrer le regard des autres.

Identifier ce point précis est souvent plus utile que de vous accuser globalement de procrastiner.

La fatigue et la surcharge comptent aussi

Toutes les difficultés de passage à l’action ne sont pas des résistances psychologiques.

Un agenda surchargé, un manque de récupération, trop de décisions simultanées ou des priorités contradictoires peuvent simplement réduire votre capacité disponible.

Dans ce cas, vous demander encore davantage de discipline ne résout pas nécessairement le problème.

Avant de chercher à vous pousser, vérifiez si vous avez besoin de motivation, de clarté, de structure… ou simplement de marge.

Six leviers pour retrouver du mouvement

1. Choisir une priorité réelle

Parmi tous vos projets, lequel mérite aujourd’hui la prochaine unité d’énergie ?

Pas le projet idéal pour toute votre vie. La priorité de maintenant.

2. Réduire l’action jusqu’à ce qu’elle soit démarrable

« Refaire mon CV » peut être trop large.

« Ouvrir le document et réécrire mon titre professionnel » est une action.

La première étape doit être suffisamment petite pour ne pas nécessiter une négociation intérieure de vingt minutes.

3. Donner une place aux autres idées sans les commencer

Vous n’avez pas besoin d’oublier vos autres projets.

Créez un espace où les déposer : une liste, un carnet, une carte de projets.

Une idée enregistrée n’est pas une idée perdue. Vous pouvez donc protéger votre priorité actuelle sans renoncer à votre curiosité.

4. Limiter le temps de préparation

Décidez à l’avance combien de temps vous consacrez à rechercher, comparer ou optimiser.

À l’issue de ce temps, une décision ou une action doit suivre.

5. Accepter une première version imparfaite

Une première version n’a pas pour mission de prouver votre valeur.

Elle sert à créer une réalité sur laquelle vous pourrez ensuite travailler.

6. Observer vos conditions de travail

À quels moments avancez-vous plus facilement ? Dans quel environnement ? Avec quel niveau de fatigue ? Après quels types de journées ?

L’objectif n’est pas de découvrir une règle universelle, mais vos propres conditions favorables.

Exercice · Transformer un projet reporté en prochaine action

1. Nommez le projet

Écrivez une seule chose que vous repoussez actuellement.

2. Identifiez la difficulté dominante

Est-ce un manque de clarté ? Une tâche trop grande ? La peur du regard ? Le perfectionnisme ? La fatigue ? Ou un conflit avec une autre priorité ?

3. Écrivez la prochaine action physique

Elle doit pouvoir commencer sans nouvelle décision.

Par exemple : ouvrir le dossier, appeler une personne, écrire trois lignes, prendre un rendez-vous, envoyer le brouillon.

4. Donnez-lui vingt minutes

Pas pour terminer le projet. Pour recréer du mouvement.

Passer à l’action ne signifie pas devenir linéaire

Vous pouvez conserver plusieurs intérêts, plusieurs compétences et plusieurs projets dans votre vie.

Ce qui change, c’est votre capacité à décider lequel mérite votre attention maintenant.

Structurer sa multipotentialité, ce n’est pas devenir moins curieuse.

C’est apprendre à transformer plusieurs possibilités en décisions suffisamment claires pour produire du mouvement.

Et maintenant, où en êtes-vous ?

Le test peut vous aider à identifier certains marqueurs de multipotentialité. Si vous souhaitez ensuite aller plus loin, vous pouvez également ouvrir un échange avec Olga.